Le 7 décembre dernier s’est tenue la table ronde concernant l’intégration des élèves à intelligence atypique à l’école sur Zoom. Après les présentations des intervenant(e)s, nous avons commencé par évoquer la situation actuelle. Les incompréhensions des parents étaient palpables : suite à différents témoignages, nous avons pu constater que beaucoup d’enfants sont ostracisés dans le milieu scolaire. Cette situation place ces jeunes HPI dans un état de souffrance profond qui peut mener jusqu’à une phobie de l’école. Ce sont les causes concrètes de ces situations qui nous préoccupent, et auxquelles nous souhaitons apporter des pistes de solutions.
Premièrement, l’enfant HPI manifeste un comportement atypique, à l’image de sa configuration mentale. Il s’ennuie, peut réagir en chahutant, cherche à faire rire la classe en jouant au guignol ou, au contraire, incarne l’idée de l’élève modèle ; à ceci près qu’il ne porte pas d’intérêt réel au cours. Dans les deux cas, il se démarque trop pour s’intégrer durablement et sainement au groupe.
Deuxièmement, nombre de parents se trouvent démunis face au manque d’écoute, de volonté et de compréhension exprimées par les enseignants. Nous avons pu sentir de réelles interrogations de la part des familles : certaines vont jusqu’à préférer déscolariser leur enfant plutôt que de continuer dans un système qui ne les leur correspond plus; d’autres continuent à interpeller le corps enseignant et demandent des comptes : que proposez-vous pour vos élèves HPI ? Cependant, nous avons également eu quelques retours de parents qui ont des enfants plus grands et dont la scolarité s’est bien passée et où l’enfant a fini épanoui.
A la suite de l’exposé de ces situations, les représentantes du DFJC présentes ont pris acte de la demande et ont dans l’ensemble convenu que leurs actions restent perfectibles. Elles se sont montrées sensibles aux situations citées et montrent de la compassion envers les familles. Elles ont également relevé que des solutions sont déjà en place dans certains établissements. Certains établissements proposent régulièrement des demi-journées d’approfondissement ou d’enrichissement des cours, destinées uniquement aux HPI afin de stimuler et satisfaire la curiosité intellectuelle dont ils font preuve. De plus, des activités extrascolaire gratuites, soutenues par le Département, sont proposées par l’EPFL, l’UNIL et la HEIG-VD. Cette offre « PLUS » est ouverte à tous les élèves et se révèlent particulièrement pertinentes pour les enfants HPI. A l’université de Lausanne par exemple, ils peuvent intégrer des activités dont l’objectif est le développement de leur créativité au travers notamment des outils multimédias et vidéos. Enfin, l’école vaudoise s’engage sur le chemin de l’inclusion avec son Concept 360°, qui devrait aussi améliorer l’égalité des chances et l’équité de traitement pour tous les élèves, en les soutenant dans le déploiement de leur potentiel.
Néanmoins, tout le monde s’est montré d’accord sur le fait que ces mesures restent pour l’instant parfois insuffisantes. Ce qui nous amène à reconnaître que la situation est aussi particulièrement difficile du point de vue des enseignant(e)s : beaucoup ne sont pas formés à la présence d’enfants atypiques et se trouvent démunis lorsque l’un d’entre eux se manifeste un mal-être dans leur classe, sans compter que les autres enfants ne doivent pas se sentir délaissés par l’attention portée à leur camarade HPI.
Ces brefs échanges ont permis de lever encore un peu plus le voile sur la scolarité des enfants HPI. Les parents ont pu exprimer leurs avis, parfois avec beaucoup d’émotions. Il est clair que cela n’est que le début d’un long processus de changements, que l’Association Z compte bien suggérer pour améliorer le quotidien des enfants des parents et des enseignants.
